.CN : la croix et la bannière du nom de domaine chinois

Depuis fin 2009, la Chine change les règles de son extension Internet sans arrêt et sans prévenir. Une situation ubuesque pour les propriétaires de noms de domaine, qui se retrouvent quasiment chassés du .CN. Chaque pays a le droit de fixer ses propres règles et de gérer son extension Internet comme bon lui semble. En fonction de la politique interne du pays, cela peut donc conduire à des situations difficiles pour les utilisateurs de l’extension. C’est le cas pour les utilisateurs du .CN depuis 1 an.

Il y a encore 1 an, le .CN était le .COM de l’Asie. Il était simplissime d’y accéder, quelque soit le profil du déposant. Aucune règle et une procédure d’enregistrement automatisée, un système idéal pour favoriser la croissance de son extension, poussée à l’international. En quelques années, le .CN devient alors la deuxième extension du monde, derrière le .COM, en termes de volume, avec environ 14 millions de noms.

Mais le 14 décembre 2009, cette bulle explose, la Chine passe du « zéro condition » au « tout restrictif » et les particuliers sont exclus du .CN. Pour les entreprises, l’accès à cette extension se complexifie fortement (obligation de transmettre plusieurs documents d’authentification avec tampon de la société demandeuse, envoyés dans un délai de 5 jours).

La fermeture des frontières

Le 6 janvier 2010, la Chine décide d’interdire le .CN aux étrangers. Un Registrar non chinois ne peut donc plus enregistrer de .CN, et s’adresser à un Registrar chinois est inutile, ils ont l’ordre de refuser toute demande venant de l’étranger. Devant l’indignation générale, la Chine rouvre ses frontières virtuelles le 10 février 2010 aux entreprises. Avec des conditions d’accès encore plus restrictives (obligation d’avoir une filiale en Chine dont le nom est dérivé de celui de la maison mère).

En juillet 2010, les autorités chinoises décident d’envoyer aux titulaires de noms de domaine un « Whois reminder » auquel ils sont priés de répondre sous 15 jours. Ceux qui n’auront pas répondu à cet email seront relancés en chinois et ont alors jusqu’au 30 octobre 2010 pour régulariser leur situation. Si ces messages partent dans leurs spams et restent sans réponse, ils risquent tout simplement de voir leur nom de domaine supprimé par la chine.

Les raisons de ces mesures

Cette politique drastique viendrait de la volonté du gouvernement d’endiguer les abus et la pornographie au sein du .CN.  Autre hypothèse : une volonté de délaisser le .CN en caractère latins pour privilégier les nouvelles extensions chinoises en caractères locaux. Entre raisons officielles tirées par les cheveux et hypothèses, personne ne sait réellement ce qui a poussé les autorités chinoises à fermer le .CN aussi brutalement. Ces dernières communiquant très peu avec les Registrars occidentaux.

Déposer un .CN est donc aujourd’hui un parcours du combattant. De fait, l’extension décroit fortement. Dépassant les 14 millions de noms au sommet de sa gloire en 2009, le .CN a depuis connu une baisse de 58 % et ne totalise fin septembre 2010 plus que 6 047 926 noms. Si ce chiffre reste élevé dans l’absolu (il y a toujours 3,5 fois plus de .CN que de .FR par exemple, alors que le .CN n’a été libéralisé qu’en mars 2003), il représente néanmoins un crash d’extension comme l’Internet n’en a jamais connu. Il témoigne surtout de la difficulté actuelle à déposer un nom de domaine sous cette extension.

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